Les signaux envoyés par le gouvernement, la police, les médias et les politiques n’allaient pourtant pas en ce sens.
70 % des rixes sur fond politique sont à mettre au crédit des militants d'ultragauche. Le renseignement territorial a recensé 74 affrontements, en 2025 (+42 % par rapport à l’année précédente), dont 52 à l’initiative des militants d’extrême gauche. Ces informations ont été révélées par nos confrères d’Europe 1 et elles ont de quoi surprendre pour plusieurs raisons.
Un discours périmé
Tout d’abord parce qu’elles vont à contre-courant des analyses faites par plusieurs titres de presse. En décembre 2025, Paul Quinio, de Libération, avance que « les agressions de la part de groupuscules identitaires et néofascistes augmentent en France ». Il précise ensuite : « Autre nouveauté, elle est de plus en plus décomplexée. » Dans les colonnes de L’Humanité, au lendemain de la mort de Quentin Deranque, Scarlett Bain prétend, elle, que « la majorité des meurtres à caractère idéologique sont le fait de l’extrême droite ». Pour affirmer cela, elle se base sur des études réalisées entre 1986 et 2014. Même chose, ou presque, pour 20 Minutes, qui remonte à 1986 pour prouver que l’extrême droite est plus violente que l’extrême gauche. D’autres médias, plus confidentiels mais pas moins de gauche, servent le même discours périmé et bien loin des chiffres rendus publics par le renseignement territorial, en ce mois de mars 2026. Il faut croire que les services de renseignement français sont moins bien informés que les journalistes militants.
À ce sujet — Après le meurtre de Quentin, un tour de vis contre… l’extrême droite
Que des politiques, aussi. La France insoumise, dont la proximité avec les meurtriers présumés de Quentin Deranque fait polémique, a tenté de démontrer que la violence politique est bien plus de droite que de gauche. Pour cela, elle a fait de grandes déclarations. Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, a affirmé, sur le plateau de BFM TV, le 23 février dernier : « La violence est à 90 % du côté de l'extrême droite. » La France insoumise met en avant des meurtres commis ces quatre dernières années qu'elle attribue à des militants d’extrême droite, alors même que leur proximité avec des associations de militants d'ultradroite n'est pas démontrée. La France insoumise ne se refuse aucune approximation pour gonfler les chiffres.
Une réalité masquée
Autre élément en inadéquation avec les informations des services de renseignement : les dissolutions. Depuis 2017, le gouvernement français a dissous près de vingt groupes de droite (Groupe Union Défense [GUD], Génération identitaire, Le Bastion social, La Citadelle…) alors que, dans le même temps, seulement cinq l’ont été à gauche. Même après la mort de Quentin Deranque, dans laquelle seraient impliqués des membres du groupuscule d’ultragauche de la Jeune Garde, c’est à un groupe de droite, le Bloc montpelliérain, que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’en est pris. Enfin, le 3 mars, dans les colonnes d’Atlantico, le Syndicat des commissaires de police (SCPN) affirmait, par la voix de son secrétaire général Frédéric Lauze, que l'extrême gauche était moins surveillée que l'extrême droite.
Policiers, gouvernement, politiques, médias… Dans toutes les strates de la société, tout laisse à croire qu’effectivement, les militants d’extrême droite sont des tueurs en puissance et que ceux d’extrême gauche sont, si ce n’est des agneaux, en tout cas bien moins violents que leurs équivalents de l’autre bord. Tout, sauf les chiffres. C'est à n'y rien comprendre.
Sarah-Louise Guille
article publié sur Riposte Laïque
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